Présentation

LWER : Hello Matthieu, merci de prendre le temps de répondre à ces quelques questions. Peux-tu nous donner un bref résumé de ton parcours ?

Interview web design Matthieu BiasottoSalut Marc, je vais essayé d’être bref :)

J’ai toujours dessiné d’aussi longtemps que je me souvienne. Éternel contemplatif, mon profil scolaire est celui d’un élève qui n’a jamais trop forcé pour réussir, et qui n’a jamais trop poussé pendant les études. Après un BAC communication (STT C ), j’ai suivi un BTS Action co’ à Saliège. Je n’ai pas terminé ce cursus, rongé par ma soif artistique.

J’ai alors entamé un cycle très atypique avec 3 formations en parallèle :
– Mes premières années à la fac composées d’histoire de l’art et philo,
– Mon inscription en auditeur libre aux beaux Arts,
– Des cours privés de dessins et d’infographie chez Borris Lamy.

Les deux premiers volets m’ont permis de m’ouvrir à certaines choses, mais c’est bien chez Borris que j’ai eu le déclic.
C’est chez ce dernier que j’ai amélioré ma technique et que j’ai commencé à donner vie à mes dessins derrière un écran. C’est dans ce studio privé que je me suis essayé à la BD et la colorisation sur photoshop.

Par la suite, mon père qui était déjà dans l’informatique, devait livrer un projet de portail automobile. Lorsqu’il me l’a présenté, tout à basculé. C’était vraiment très moche. Je ne pouvais pas le laisser partir au carton. Je me suis assis devant son ordinateur et j’ai créé la première maquette, puis une autre. J’y ai passé la nuit. C’était mon premier web design. Là j’ai compris que j’étais addict. Et j’en ai fait mon métier.

J’ai décroché un premier CDI dans une petite boîte de sérigraphie, où j’ai beaucoup souffert de mes lacunes. Le job était relativement pointilleux pour mon niveau de l’époque. Mais ça m’a offert une solide base vectorielle, aujourd’hui mon domaine de prédilection.

Fort de cette expérience, je suis entré dans une boîte d’édition de contenu à valeur ajoutée sur le net. J’ai enchaîné les maquettes, les projets de sites et les landing pages avec beaucoup d’énergie.

J’ai quitté l’entreprise en mauvais terme. Et j’ai longtemps hésité à me lancer, par manque de confiance en moi. Puis je me suis inscris dans une société de portage salarial et j’ai lancé mon site en 15 jours. J’ai mis les quelques euros que j’avais sur le compte pour financer une petite campagne adwords et dans la journée j’ai eu mon premier contrat. J’ai ensuite rapidement fait les bons choix et mon site s’est naturellement bien positionné sur google. Depuis j’ai beaucoup travaillé. En 6 ans, j’ai engloutis plus de 350 projets.

Aujourd’hui, j’envisage de modifier ma carrière et de mettre mon expérience à profit pour des projets plus artistiques, plus recherchés.

Le métier de Webdesigner

A quoi ressemble la journée type d’un webdesigner ?

Généralement elle débute à 9h30 / 10h00 car je termine souvent tard la nuit. Le café rythme ma journée avec une cadence d’un ou 2 par heure. Si je ne suis pas pris d’assaut au téléphone, je checks mes mails, j’ajuste mon agenda google, et je réorganise mes priorités sur mon grand tableau blanc.

Ensuite c’est généralement les créations les plus recherchées que je cale le matin tant que je suis frais et dispo. Je me laisse l’après midi pour poursuivre les créa qui sont plus dans l’exécution : déclinaison de page, correction, débrief etc…

Je suis connecté à tous mes clients en permanence, je gère à chaud les urgences, les nouvelles demandes, les chiffrages, les relances, les factures…

Le soir et tard dans la nuit (voir sans interruption avec la journée suivante) je consacre mon temps à faire des recherches, de la veille, à tenter de nouvelles techniques sur des projets perso, à explorer mon Digital Art, à écrire…

Quelles sont les principales attentes d’un client aujourd’hui ?

Les clients attendent de la réactivité, beaucoup de vitesse pour produire, du beau, un bon rapport qualité prix.
Par dessus tout, une compréhension du projet qui dépasse les attentes et anticipe les besoins futurs. Le client lambda cherche un partenaire de confiance sur lequel il va pouvoir s’appuyer rapidement. D’ailleurs, les gens disent très souvent “je suis avec MON graphiste”. Une appropriation du prestataire qui en dit long sur le désir de collaborer dans le temps.

A part aimer le café :-), quelles sont les qualités d’un bon webdesigner ?

Je ne sais pas si tous les webdesigners aiment le café :) C’est juste qu’avec des journées extra longues, il me faut tricher un peu. Je pense que le SUPER webdesigner que tout le monde recherche est d’abord un caméléon. Il est capable d’exceller dans différents styles, rester Hype sans trop exagérer. Les clients ont toujours du retard par rapport aux dernières tendances et attendent des choses relativement simples graphiquement parlant. On est loin de ce qu’on peut produire pour gagner un webdesign award.

Ensuite on a la technique, pour respecter le cahier des charges et en définir les limites.
La vitesse, car les projets avec un timing confortable sont rares (en tout cas pour ma part). La communication pour cadrer les clients qui partent dans tous les sens. L’oeil artistique bien sur, et la créativité, sans quoi le webdesigner n’imagine plus mais recopie le travail des autres. Enfin la passion, car je pense que sans passion on ne peut pas transcender ce que l’on produit.

Tes influences, ta vision

Quelles sont tes principales inspirations ?

La vie, le net, les médias en général.

Suis-tu les tendances ou essais-tu d’imposer ton style ?

Un mix des 2. Tout dépend du projet. On a eu collaboré ensemble et tu as pu constater que proposer une belle créa très personnelle ne cadre pas toujours avec le cahier des charges. Tu es obligé de regarder ce que les autres font pour être dans le coup. Mon style personnel est très graphique, coloré, surchargé. Je l’appelle le supermassive vector… Et ça ne colle pas à tout. Une banque, un assureur ou un grand groupe n’a pas les même codes qu’un festival rock ou qu’une boîte de nuit.

En 2013, on a beaucoup parlé du flat design ou du parallax vertical, quelle sera pour toi la tendance du web design pour les années à venir ?

L’avènement de HTML 5, la démocratisation du webGL vont tirer le web vers des expériences riches avec des interfaces utilisateurs très poussées. Une liberté technique qui va faire éclater cette notion de tendances. Aujourd’hui on creuse au niveau du style parce que la technique n’ouvre pas encore entière la porte à toutes les possibilités.

Quels sites conseilles-tu aux passionnés de graphismes et de web design ?

Clairement Behance, envato market, awwwards, smashing mag et bien sûr les sites des artistes et graphistes renommés, leur travaux est toujours inspirant…ça permet aussi de se positionner. Par exemple, Peter Jaworowski et ses montages photoshop me remet toujours à ma place.

Webdesign et ROI

Lors de tes projets, es-tu sensibilisé à la notion de ROI ? Les clients intègrent-ils ce point dans les préconisations qu’ils t’adressent ?

Oui pour moi c’est juste le maître mot de tout ce que l’on fait. Le client sait qu’un bon design va augmenter sensiblement ses résultats. Moi je pense même qu’il y a tout un système indirect et toute une économie derrière cette notion. Lorsque je fais carton plein, le client augmente ses ventes. En échange, il va vouloir enfoncer le clou, imaginer de nouveaux besoins et me rappeler pour mettre en place le tout. Un bon premier web design, c’est un R.O.I qui s’améliore, et derrière une relation durable qui s’installe grâce à cette croissance générée. En revanche il est rare que les clients prennent le temps de mesurer avant et après. Le résultat est généralement suffisamment flagrant pour s’en rendre compte.

Quel est ta vision du lien entre design et Retour sur investissement (via l’amélioration du taux de conversion notamment) ?

On rejoint la question précédente. Pour moi ce lien est très fort. Le R.O.I est l’enfant du design au sens large. Toujours se mettre à la place de l’utilisateur, anticiper une navigation claire, une interface attractive, une consommation de la page facile et instinctive. Avoir une cohérence et beaucoup de lisibilité. Anticiper un tunnel d’achat clair et fluide. Tous ces facteurs donnent lieu à l’amélioration des taux de conversion. Sans un bon design, pas de crédibilité, pas de compréhension, pas l’envie d’aller au bout de l’achat, une expérience utilisateur amoindri et des chiffres en berne. Les internautes consomment énormément de pages, d’articles, de visuels de qualité. Lorsqu’ils utilisent un site, ils s’attendent au minimum à ce niveau de qualité et au mieux à être agréablement surpris. Et c’est ce dernier facteur qui fait toute la différence. Les poids lourds de l’e-commerce excellent dans cet art.

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