Aujourd’hui, la localisation est partout. Selon le dernier baromètre de la Marketing Mobile Association, plus de 50% des mobinautes utilisent la géolocalisation sur leur smartphone. Ce qui est considérable. Les médias sociaux veulent vite saisir cette opportunité de coupler leur réseau avec la géolocalisation. Et ce pour trois raisons principales :

– Les consultations se font de plus en plus sur smartphone. Marck Zuckerberg a annoncé en avril dernier qu’un milliard de personnes utilisent désormais Facebook sur mobile,
– Les médias sociaux ne veulent pas (plus) perdre de temps sur le terrain de la géolocalisation sociale, qui deviendra un enjeu majeur de ces prochaines années,
– Et bien sûr le nerf de la guerre, pour la monétisation de son audience. Selon l’observatoire de l’e-pub réalisé par PwC, les investissements publicitaires sur mobile ont atteint en 2013 229 millions d’euros en France.

Nous allons voir ce que compte nous proposer les deux réseaux sociaux majeurs en France, Twitter et Facebook. Avant cela, petit détour chez Foursquare, le maître en la matière.

Foursquare, le réseau social pionnier de la géolocalisation

Foursquare est un réseau social né à New-York en 2009 et rassemblent aujourd’hui près de 40 millions de membres.

Le réseau social est, depuis sa création, basé sur le principe même de la géolocalisation. L’utilisateur indique où il se trouve à l’aide d’un « check-in » et peut ainsi juger et recommander un restaurant, un lieu touristique, une animation, un magasin, etc.
Il y a quelques mois, Foursquare a créé Swarm, une application dédiée exclusivement aux check-ins. Foursquare souhaitant se recentrer sur la recherche de proximité grâce aux goûts et aux recommandations. Il laisse donc à Swarm le soin de se focaliser sur la géolocalisation sociale.

Certaines marques en France ont déjà adopté la puissance du couplage réseau social et géolocalisation pour promouvoir l’un de ses produits. C’est le cas d’Orange pour la sortie de sa 4G : à l’approche d’une boutique Orange, l’utilisateur devait participer à l’aide du « check-in » et ainsi tenter de gagner un mobile G Flex.

Sur ce marché de la géolocalisation sociale, on peut également évoquer le succès grandissant de l’application Tinder, certes sur un marché plus restrictif.

Conscient du retard sur ce terrain, Twitter et Facebook emboîtent le pas avec l’option « Nearby » pour le premier et le « Nearby Friends » pour le second.

Twitter et sa fonctionnalité Nearby

Twitter a annoncé le test il y a quelques mois de sa fonctionnalité Nearby, qui va permettre aux personnes de recevoir les tweets des personnes qui sont géographiquement proches.

En autorisant cette réception, il sera possible de voir tous les tweets aux alentours sans pour autant suivre les personnes qui ont rédigé ces tweets.
Une fois le tweet reçu, on pourra facilement dialoguer avec l’utilisateur !

Grace à « Nearby », Twitter va pouvoir proposer un meilleur ciblage des campagnes publicitaires pour les annonceurs. Mais depuis décembre 2013 et l’annonce de cette fonctionnalité, les choses ne semblent pas beaucoup bouger.

Facebook et sa fonctionnalité Nearby friends

Facebook n’est pas en reste et a aussi son Nearby :-).

La marque de Palo Alto a lancé en avril dernier « Nearby friends ». Cet outil va permettre aux utilisateurs de détecter les contacts proches du lieu où ils se trouvent. Dès que Nearby friends est activé, une notification sera envoyée pour signaler qu’un ami est dans les alentours. Un exemple concret : vous vous rendez à un concert, nearby friend vous indiquera si l’un de vos amis y assiste également… pour ensuite aller boire un verre ensemble (mais ça Facebook ne vous le propose pas encore :-)).

Pour Facebook, se lancer sur ce terrain est devenu une priorité : plus le temps passe, plus les utilisations se font depuis l’application mobile.

Et la vie privée dans tout ça ?

C’est peut-être la raison la plus compliquée à gérer pour les deux réseaux sociaux.

Pour se prémunir d’éventuelles levées de boucliers, Facebook et Twitter ont prévu de demander l’autorisation à chaque utilisateur d’adhérer à ce service de « géolocalisation sociale » (avec une désactivation par défaut). Avec toutes les problématiques liées au recueil de ces données sur les réseaux sociaux (voir un exemple ici), les deux réseaux se doivent d’être prudents.

Facebook a également mis en place la restriction de ce service pour les utilisateurs de moins de 18  ans, on suppose que Twitter en fera autant.

Ces procédés sont sécurisants mais on ne voit pas ce qui pourra empêcher les deux réseaux de diffuser le flux de nos informations « locales » auprès des annonceurs. Ces données auront une valeur très importante et permettra de mieux monétiser leurs audiences respectives.

 

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